Les orphelins du sida Il y a toujours eu des orphelins. Mais le monde n’a jamais vu une maladie qui ciblait les jeunes adultes comme le VIH/SIDA. La plupart de ces personnes ont des enfants, plus spécifiquement de jeunes enfants, qui sont vulnérables, physiquement et émotivement. Même dans les pays où la présence du VIH c’est stabilisée ou a déclinée, le nombre d’orphelins continu de grimper dû au délai entre l’infection du ou des parents et leur(s) décès. Toutefois malgré des nombres grandissants, les enfants orphelins de l’épidémie peuvent encore obtenir une enfance saine, productive et sécurisante, mais seulement si tous les secteurs de la société agissent grâce à des efforts immédiats, soutenus et coordonnés, dont la plus grande priorité est la protection des enfants et la préservation de l’unité familiale. D’autres facteurs qui ajoutent à la détresse émotive et physique des orphelins du SIDA ont été identifiés, tels que la pauvreté et l’isolement social, la séparation de la famille élargie, l’exploitation et l’abus. La stigmatisation et la discrimination intensifient les violations aux enfants, en particulier leur accès à l’éducation, aux services sociaux ainsi que le support de la communauté et de la famille. La bonne nouvelle, est que nous savons de plus en plus quoi faire. Les familles doivent être supportées pour faire en sorte que les enfants demeurent dans leur famille et soient envoyés à l’école. La communauté peut jouer un rôle vital en fournissant ce support. Si la sauvegarde de la famille est la meilleure option pour les enfants orphelins, alors sa capacité de protection ainsi que de prendre soin de ces enfants doivent être renforcés de façon urgente. Comment ?? En adoptant des programmes qui permettent aux parents vivants avec le SIDA de demeurer en vie et en santé aussi longtemps que possible, en augmentant la capacité d’une unité familiale à être auto-suffisante financièrement, et en fournissant aux enfants et à leurs pourvoyeurs des supports psychosociaux et autres. Le contexte Haïtien La république d’Haïti partage l’île d’Hispaniola ainsi que son histoire turbulente, avec la république Dominicaine. Ainsi Cuba occupe la section ouest et Puerto Rico la section est. Haïti a une population estimée à 7.9 millions d’habitants et ce sur une surface de 27,750 kilomètres carrés. Le pays est divisé en neuf départements incluant la capitale Port-au-Prince qui possède à elle seule autour d’un million de personnes ou plus, la plupart logée dans des baraques. Les langues officielles sont le français et le créole. Aujourd’hui la plupart des gens d’Haïti vivent dans une grande pauvreté, et Haïti est considéré comme étant le pays le plus pauvre de l’hémisphère ouest. Moins de la moitié des Haïtiens en âge de travailler sont activement employés, principalement dans les domaines agricoles et dans des secteurs informels, tandis qu’une portion similaire sont illettrés et près de la moitié de la population totale n’ont pas accès à l’eau propre. Selon un rapport d’un Programme de Développement des Nations Unies l’espérance de vie en Haïti a chuté en-dessous de 50 ans en 2001, et un nouveau-né a une chance sur 8 de ne pas survivre jusqu’à son 5 ième anniversaire, et 37% de chance de décéder avant l’âge de 40 ans. Approximativement 40% de la population est en dessous de l’âge de 15 ans et environ 50% sous la marge de 19 ans. Selon les statistiques gouvernementales, en 1998 seulement 42% des enfants de 6 ans étaient inscrits à l’école primaire. L’éducation est coûteuse, les parents payant cinq fois plus que le gouvernement pour l’éducation de leurs enfants. En 1997 environ 90% des écoles étaient privées, et la plupart n’étaient pas reconnues officiellement, ce qui veut dire que les étudiants n’étaient pas éligibles aux examens de l’état. Haïti possède et de beaucoup la plus sévère épidémie des Amériques. En 1997/8 les maladies directement reliées au SIDA étaient la cause majeure des décès , le tout basé sur une analyse des certificats de décès. En 2003 entre 12,000 et 47,000 ( meilleur estimé 24,000 ) sont morts du SIDA. À la fin de 2003 environ 19,000 du 3.2 millions d’enfants Haïtiens en dessous de 15 ans étaient estimés être VIH positif, ce qui donne un taux de prévalence séro-positif en dessous de 1%. Toutefois entre 120,000 et 560,000 individus entre 15 et 49 ans ( meilleur estimé 260,000) vivaient avec le VIH, ce qui donne un taux de prévalence séro-positif de 5.6%. En comparaison à ceux des Caraïbes de 2.3%, Amérique Latine 0.6% et le Sub-Sahara Africain de 7.5% Les enfants sont généralement dans des situations précaires en Haïti. Environ 600,000- ou 15%- des jeunes sous l’âge de 19 ans sont techniquement des orphelins, ayant perdu leur père, mère ou les deux. Dans aucun autre pays dans les Caraïbes et l’Amérique Latine plus de 8% de tous les enfants sont orphelins. Malheureusement il n’y a pas de statistiques démontrant quelle proportion des orphelins en Haïti sont orphelins du SIDA, mais il est très probable qu’il est significatif, sachant que le SIDA est la plus forte cause de décès. Comme partout ailleurs, les enfants sont particulièrement vulnérables dans les communautés qui sont sérieusement infectées par le VIH/SIDA. Plusieurs parents sont incapables de travailler dû à leur maladie ou la stigmatisation, ils sont forcés de vendre leurs actifs ( meubles , bétail ), retirer leurs enfants de l’école, et diminuer leur consommation de nourriture dans le but de payer leurs frais médicaux ( la gratuité en matière de santé n’est pas disponible pour la plupart des Haïtiens). De très jeunes enfants se voient dans l’obligation de prendre soin de leurs parents souffrants et mourants, ainsi que leurs frères et soeurs. Les médicaments antiviraux sont disponibles dans quelques régions d’Haïti, mais la vaste majorité de la population n’ont pas accès à ces drogues. Même dans les endroits où ils sont disponibles, il y a des évidences quotidiennes, démontrant la réticence des individus à se faire tester, ainsi que de recevoir des traitements de peur qu’ils seront, ainsi que leurs enfants, victimes d’intense stigmatisation et discrimination entourant leur maladie. Seulement un petit nombre d’enfants comprennent ce qui leur arrive, puisque les adultes qui reçoivent des traitements cachent leur condition à leurs voisins, familles ainsi que leurs propres enfants. La confusion et l’anxiété des enfants sont amplifiées si un parent, particulièrement la mère, décède, surtout si cela entraîne la séparation des frères et soeurs et s’ils sont envoyés vivre avec de la parenté dans un environnement inconnu. Il y a pire lorsque ces enfants sont placés chez des familles comme domestique non payé ( pratique commune en Haïti appelé “ restavek “) en retour de nourriture et avec de la chance....de l’éducation. La plupart des gens acceptent le principe que le comportement d’un adulte est influencé, de façon significative, par leur enfance. Lorsqu’un enfant est sujet à de la détresse émotive inimaginable, tel que décrit ci-haut, sans de support psychocial, il est important de reconnaître qu’ils seront mal outillés pour élever leurs propres enfants, encore moins des membres productifs de la société. Et lorsqu’une portion significative d’enfants, dans une communauté particulière, partagent ce type d’expérience, des alarmes devraient sonner pour signaler les enjeux futurs de cette communauté, ainsi que la nation à laquelle elle appartient. Voilà pourquoi La Maison L’Arc-en-Ciel et ses projets existent. | ||